La vallée du Petit Morin, les prairies humides, les lisières de forêts, les mares et les haies bocagères de Seine-et-Marne — notre territoire est d’une richesse écologique remarquable, souvent méconnue des habitants eux-mêmes. C’est précisément ce que les sorties de l’association vous invitent à découvrir.
Dans un rayon de quelques kilomètres autour de Saint-Cyr-sur-Morin, cinq grands types de milieux naturels se côtoient, offrant une diversité écologique exceptionnelle pour une région de grande plaine agricole.
Le Petit Morin est le fil conducteur de notre territoire. Cette rivière de 96 km prend sa source dans la Marne et traverse des paysages bocagers préservés avant de rejoindre la Marne. Ses berges ombragées par les aulnes et les saules hébergent une faune aquatique et semi-aquatique exceptionnelle. Les zones de roselières constituent des refuges indispensables pour de nombreuses espèces nicheuses. L’eau limpide du Petit Morin, classée en première catégorie piscicole, accueille truites fario et brochetons dans ses zones courantes. C’est un véritable corridor écologique qui relie les milieux forestiers et prairiaux de la région.
Les prairies humides en fond de vallée sont parmi les milieux les plus menacés de France. Celles qui bordent le Petit Morin constituent un habitat précieux pour une faune et une flore spécialisées. En été, ces prairies se couvrent de plantes à hautes tiges — oseilles, reine des prés, angéliques — formant des refuges denses pour insectes et petits mammifères.
Les mares sont de véritables réservoirs de biodiversité. Chaque mois de mars, les amphibiens convergent vers ces points d’eau pour se reproduire, dans un ballet nocturne fascinant. Au printemps et en été, les larves de libellules et les dytiques chassent dans ces eaux peu profondes. Un monde entier se révèle à l’œil et à la loupe.
Les haies bocagères sont les épines dorsales de notre paysage. Elles abritent une biodiversité considérable et constituent des corridors écologiques entre les massifs forestiers. Prunelliers, aubépines, sureau noir, cornouiller sanguin… Ces arbustes nourrissent et abritent des dizaines d’espèces d’oiseaux et de mammifères tout au long de l’année.
Les forêts de la Brie, dominées par les chênes pédonculés et les charmes, offrent un milieu complexe et stratifié. En automne, les champignons y prolifèrent sous les feuilles mortes. En toute saison, les oiseaux forestiers animent ces espaces — le pic épeiche qui tambourine sur un tronc mort, la sittelle qui descend à la verticale le long d’un chêne, le geai des chênes qui enterre ses glands pour l’hiver. Au sol, chevreuils et renards tracent leurs pistes invisibles.
La phénologie est l’étude des événements cycliques du monde vivant : première fleur de tussilage en février, chant du coucou en avril, vol des martinets en mai, migration des grues en octobre… Chaque espèce a son calendrier. Observer ces repères saisonniers, c’est apprendre à lire la nature comme un livre — et percevoir les premiers signes des changements climatiques qui en perturbent progressivement le rythme.
Chaque saison révèle un visage différent du territoire. Voici quelques-uns des moments forts à ne pas manquer autour de Saint-Cyr-sur-Morin.
- Vanneaux huppés en bandes dans les champs
- Grues cendrées en migration (oct.–nov.)
- Empreintes de blaireaux et de renards dans la boue
- Mésanges et pics actifs dans les forêts
- Silhouettes des arbres sans feuilles : idéal pour l’observation
- Premières fleurs de tussilage (févr.)
- Chants des grenouilles rousses dans les mares (mars)
- Retour des hirondelles et des martinets (avril–mai)
- Floraison des prairies : coucou, cardamine, orchis
- Chant du coucou gris (avril)
- Nidification des oiseaux de haies
- Tritons palmés dans les mares (mars–avril)
- Martinets criards au-dessus des toits (juin–août)
- Libellules et demoiselles au bord du Morin
- Papillons : tabac d’Espagne, aurore, paon-du-jour
- Stridulations des grillons et des sauterelles
- Brochetons dans les herbiers aquatiques
- Fleurs sauvages des prairies en plein pic
- Champignons sous les chênes (sept.–nov.)
- Migration des oiseaux (rouge-queue, gobemouche)
- Glands et châtaignes — festin pour les geais
- Toiles d’araignées révélées par la rosée matinale
- Couleurs du bocage : hêtres dorés, merisiers rouges
- Rut du chevreuil : bois visibles dans les prairies
Ces espèces sont régulièrement observées lors de nos sorties. Chacune raconte quelque chose de l’état de santé de notre territoire.
Véritable joyau des berges du Petit Morin, ce petit oiseau au plumage turquoise et roux plonge à la verticale pour capturer sa proie. Sa présence témoigne de la bonne qualité de l’eau.
RivièreSilhouette imposante et immobile au bord de l’eau, le héron cendré est le chasseur patient par excellence. Il niche en colonies dans les grands arbres et se rencontre toute l’année le long du Morin.
RivièreChaque printemps, les grenouilles rousses convergent vers les mares en un ballet spectaculaire. Les pontes en masses gélatineuses flottent en surface — un événement incontournable de nos sorties printanières.
MareLe chevreuil est le grand mammifère le plus courant de nos forêts. Discret mais omniprésent, il laisse des traces révélatrices : empreintes bifides dans la boue, frottis sur les troncs d’arbres, pelotes de crottes caractéristiques.
ForêtL’un des plus grands papillons de nos lisières forestières. Son envergure de 6 à 7 cm et ses reflets nacrés le rendent immédiatement reconnaissable. Il affectionne les prairies fleuries en lisière de bois en été.
PrairiePlante emblématique des zones humides, la reine des prés embaure les prairies inondables de son parfum de miel en juin-juillet. Ses fleurs blanches en panicules attirent une multitude d’insectes pollinisateurs.
Prairie humide« Grenouilles rousses et tritons palmés au bord des mares au printemps, cortèges de champignons sous les chênes en automne, vanneaux huppés survolant les champs en hiver, martinets criards au-dessus des toits en été… Il se passe toujours quelque chose dans la nature qui nous entoure. Il suffit de savoir où poser les yeux. »
La richesse écologique de la vallée du Petit Morin n’est pas un acquis. Elle est le fruit d’un équilibre fragile entre pratiques agricoles, gestion de l’eau et conservation des habitats naturels.
La vallée du Petit Morin constitue un corridor biologique reliant les massifs forestiers de la Brie. Ces continuités permettent aux espèces de se déplacer, de se reproduire et de maintenir des populations viables face aux pressions humaines.
La présence du martin-pêcheur et de la truite fario témoigne d’une eau de bonne qualité. Cette qualité dépend directement des pratiques agricoles en amont et de la préservation des zones tampons — prairies et ripisylves — le long des berges.
Les prairies humides, les mares et les haies bocagères ont fortement régressé en France depuis les années 1960. Sensibiliser les enfants à leur importance, c’est investir dans leur protection future — par la connaissance et par l’attachement au vivant local.
